chute escher

Le manque et la rechute permanents

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Au bout d’une semaine de relation, celui qui est devenu plus tard mon mari m’a dit

 «ou tu arrêtes de fumer ou je te quitte, je ne resterais pas avec une fumeuse »

J’ai « arrêté » par amour pour lui (et aussi parce que je fumais déjà depuis 9 ans, j’en avais marre).

Les nicorettes des années 1990, ne calmaient RIEN. Je devenais dingue de manque, et après 15 jours d’arrêt, j’ai refumé 4 clopes « pour me rendre malade » et essayer de me dégouter, en vain.

Un jour, j’ai fait une grosse crise de nerfs, acheté un paquet de NTB, pour ne pas refumer, tiré 3 taffes, c’était DÉGUEULASSE, j’ai tout jeté.

Après 3 mois de galère totale, de déprime, de stress, d’envies foudroyantes, mon homme a eu un souci de santé, j’ai racheté immédiatement un paquet que j’ai fumé clope par clope en cachette sur une semaine.

Le matin au boulot je vomissais, ils croyaient tous que j’étais enceinte, j’étais nauséuse en permanence, je continuais QUAND MÊME à fumer, ça me rendait malade comme un chien…

Puis j’ai ré arrêté et j’ai revécu la même chose.

J’ai compris que je n’y arriverais pas. Je ne pouvais pas me dire « la clope c’est fini à vie » c’était impossible, inconcevable.

Alors pendant 8 ans environ, j’ai tiré des taffes, par ci par là. Pas régulièrement mais je ne loupais aucune possibilité :

  • Une fois, dans une soirée, une copine fumeuse, hop 3 taffes.
  • Une autre fois, un tour dans ma famille, hop 6 taffes.

Je m’arrêtais avant d’avoir l’envie de vomir, quand j’avais juste la tête qui tournait; Et je ré arrêtais jusqu’à la prochaine clope tout en y pensant en permanence.

En même temps j’ai grossi, grossi, plus de 10 kilos. Je n’arrivais plus à gérer ma nourriture, j’avais tout le temps envie de grignoter…

Je me suis vue enfler, moi qui était si fière d’être « fine ».

Ce qui me faisait « tenir »et ne pas replonger totalement: Si je fumais, IL me quittait.  Alors, je vivais en permanence avec le manque.

Pendant 6 ans de plus, la clope a continué à m’accompagner par ci par là, mais peu à peu de plus en plus.

Je m’interdisais de racheter un paquet, alors je repérais les yeux collés au sol, et me baissais pour ramasser des mégots, mais c’était aléatoire…En marchant, le nez collé par terre, je ne pensais qu’à LA clope qui allait me donner 3 taffes : j’étais une folle !

A ces moments là j’étais comme en état second, et le pire c’est que je différais la clope trouvée jusqu’au moment où je pouvais la fumer tranquille…Mais je ne pensais qu’à ça.

Je suis passée récupérer les clopes dans les cendriers aux sorties de supermarchés, c’était moins aléatoire, il y en avait toujours, mais franchement j’avais très honte…

Puis j’ai taxé des fumeurs dans la rue, au café, je n’en revenais pas de quémander comme ça…

Je me faisais horreur.

J’ai parfois pris les clopes qu’on me donnait allumées quand il ne restait que trois taffes, bien baveuses.

J’ai fini par racheter un paquet que je cachais, puis deux puis trois..Et ça a été la descente aux enfers de la clope-drogue-manque, culpabilisée au maximum, en cachette…

Le matin, j’attendais que tout le monde soit parti pour fumer, l’attente était horrible, je ne pensais qu’à ça et pareil pour toutes les clopes qui suivaient dans la journée…

J’étais en manque permanent avec les additifs, parce que je ne pouvais pas fumer pendant parfois 5 heures d’affilée car je fumais « en cachette » de mes enfants…

C’était une immense épreuve: je ne faisais que chialer.

Parfois j’arrivais à m’échapper 2 minutes pour 2 taffes de  droguée, à fond la caisse, bref c’était l’enfer.

Tout était calqué autour des moments où j’allais enfin pouvoir fumer…Rapidement je ne suis plus arrivée à me contrôler et la clope est redevenue plus forte que tout.

J’appréhendais les vacances et les week end, car je cachais ma rechute à ma famille, j’avais un caractère de merde, des migraines très fortes, un manque infernal, une déprime totale, je cherchais à arrêter, mais je ne pensais qu’à m’échapper et fumer.

Le pire, un après midi au mac do avec mes gamins et une copine qui savait que je fumais. Nous discutions, mais moi je ne pensais qu’à une seule chose :

« comment je pourrais faire pour lui laisser les gosses et aller tirer 3 taffes ? »

Mais je me disais :

« après je vais puer et je ne peux pas me laver les dents et si les gamins me font un calin »

Alors, je me suis mise à chialer comme une madeleine, sur mon impuissance, devant tout le monde, lui demander de garder mes gosses pour aller fumer était au dessus de mes forces, je me suis mise à dire n’importe quoi :

je devenais folle de manque

…Ce jour là, ma copine m’a conseillé les antidépresseurs. Je l’ai envisagé, je pensais de plus en plus moi aussi, vraiment, que j’étais en grave dépression.

A force, il est difficile de mentir en puant et en passant ma vie à « m’échapper » pour fumer, d’autant que j’étais complètement caractérielle et  déprimée à cause du manque. J’ai fini par le dire à mon mari, il est tombé des nues.

J’ai été à la limite du divorce, et je m’en voulais, mais la seule chose qui me venait à l’esprit, c’est « OUFFF je vais pouvoir fumer tranquille »

Trois ans plus tard, à 40 ans j’ai tenté un autre arrêt avec des patchs et des gommes..Encore pire que les précédents… À cause des patchs, j’ai failli avoir une crise cardiaque, je me sentais vraiment très mal, le médecin voulait m’hospitaliser.

Les gommes j’en ai gouté une et je me suis dit « non plus jamais ».

Je n’avais plus de solution. Trop de manque. Impossible. Et toujours impossible pour moi d’envisager un arrêt définitif « psychologiquement ».
Alors, j’ai organisé ma vie entière avec la clope, tout en continuant à le cacher aux gamins…

Mon mari m’a démontré qu’au niveau des finances, je dépensais plus de 2000 € par an. J’en ai convenu, c’était énorme.

Alors pour arrêter de dépenser autant, je suis passée au tabac à rouler. Par hasard, ce tabac était sans additifs, mais je n’ai pas vu la différence avec les Marlboros.

A part que ça m’arrachait plus la gorge, que ça puait un peu moins. J’étais toujours en manque, comme d’habitude.

Peu à peu, j’ai remarqué que j’avais moins de manque, que j’étais moins énervée, que je pouvais différer les clopes : d’abord un peu, puis de plus en plus.

Un jour, j’ai pu passer un après midi, sans élaborer des stratégies hallucinantes pour avoir ma dose.

Après un mois de sans additifs, j’ai repris une clope avec additifs proposée par un fumeur, et tout de suite j’ai retrouvé cette sensation de manque : 1 heure après, je tournais comme un lion en cage, j’avais la gorge serrée, et je pensais à la clope en  permanence.
J’ai recommencé une autre fois et j’ai eu les mêmes sensations. Je n’ai pas aimé me retrouver à nouveau dans cet état, avec la clope en fond de cerveau.

Je n’ai plus (jamais) retouché aux additifs je me suis raccrochée à mon tabac sans additifs comme à une bouée.

J’ai progressivement senti disparaître le manque, avec les sans additifs, sans me l’expliquer.

Je pouvais enfin me lever le matin sans compter les secondes qui me séparaient de ma première clope, je pouvais enfin les différer, ça devenait supportable de « devoir » les attendre. J’ai pu diminuer progressivement.

J’ai essayé de m’arrêter au bout de 2 mois, certaine que je n’y arriverais pas comme d’habitude. Et là, la surprise, une facilité déconcertante :

  • pas de manque,
  • pas de crise,
  • pas de pleurs,
  • pas de déprime,
  • pas d’envies compulsives,
  • pas de prise de poids…

Juste un sentiment de liberté et de délivrance, je n’ai rien compris sur le coup.

Depuis cet arrêt la clope m’indiffère, plus de tentation, RIEN. J’ai retrouvé un caractère « normal », plus de déprime, d’un calme olympien, zen.

Je ne me souviens pas avoir été comme ça avant.

Au jour d’aujourd’hui, je considère que j’étais une VRAIE DROGUÉE, la clope avec additifs, ça m’a fait faire N’IMPORTE QUOI…!!

Mais au moment, je le faisais, pour avoir « ma dose », en état second et sans me poser de question, comme « dédoublée », une lutte perdue d’avance entre le cerveau fumeur et le non fumeur, et le reste du corps qui obéit…

Je me suis désintoxiquée grâce aux sans additifs et je n’en reviens toujours pas. Je tiens à faire connaitre mon expérience et ma joie d’être libérée définitivement.
Ne touchez plus jamais aux cigarettes avec additifs.

Vali

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25 réflexions au sujet de « Le manque et la rechute permanents »

  1. bonjour Vali, j’ai lu ta lettre, vraiment c’est très courageux de ta part d’avoir donné autant de détails, merci de ton témoignage, et heureuse vie de non-fumeuse à toi

  2. Bonjour, j’ai lus avec attention ce temoignage , mais il y a quelques chose que je n’arrive pas a comprendre ni meme a expliquer … durant les plusieurs années ou vous avez essayer d’arreter de fumer, l’envie etait trop forte, car vous etiez accros au additifs, ce qui vous poussais a continuer , jusque la je comprend … mais tout a coup en ayant fumer un tabac qui n’en contenais pas … pouf l’envie s’est evanouis … ce qui n’est pas logique dutout, puisque vous etiez acros au additifs, fumer un tabac qui n’en contient pas , n’aurais pu vous satisfaire au contraire, dans tous les cas un sevrage est obligatoire, je ne vois pas en quoi fumer un tabac qui ne contient pas la drogue dont vous aviez besoin, vous soulagerais plus que le fait de ne pas fumer dutout (ce qui reviens au meme) pas d’additifs pour combler le manque …

    1. Bonjour; Merci Luciole;
      Jimmy, vous aurez toutes vos réponses sur mon blog. En fait il y a bien un sevrage des additifs, et un manque qui s’atténue progressivement. Lisez les liens partout, vous allez comprendre.

    2. Une bonne partie de cette addiction devait être purement psychologique, cette histoire me semble particulièrement extrême… Sans compter les réactions de mari qui m’hallucine a chaque fois …

      1. ben non,
        Si cela avait été psychologique alors pourquoi est-elle arrivée à arrêter les sans additifs et pas les Marlboros ?
        Votre explication n’est pas cohérente.

        Quant à sa vie de couple, ce n’est pas le problème posé ici^^

    3. Je pense qu’elle c’est tout simplement mal exprimé, ce n’est pas aux adiditifs que l’on deviens accros, c’est tout simplement que les additifs augmente la dépendance à la nicotine (d’ailleurs des chimistes sont payé pour sa chez les cigarettier pour trouver des produit légaux qui augmente cette dépendance, en augmentant la quantité de nicotine absorbée: par ex: ammoniaque, cacao,….)

      1. Bonjour,
        Non, il n’existe aucune dépendance à la nicotine, c’est un mensonge criminel propagée par l’industrie pharmaceutique avec le soutient du complètement corrompu ministère de la santé. Toutes les histoires et pages du net sur la nicotine, son rôle dans la dépendance sont au mieux de la propagande, au pire sont volontairement criminel.

        Cela a été démontré par le professeur Molimard, fondateur de la tabacologie et par le professeur Jean Pol Tassin qui a démontré lui que la dépendance est celle de l’association additifs sucré + nicotine, chacune n’engendrant séparément aucune dépendance seule.

  3. Le manque n’est pas réellement lié au produit addictif mais à la personne intoxiquée, et peut perdurer plusieurs années après sevrage car il n’est pas physique mais psychologique.

  4. Coucou en Rage,
    Merci encore à toi ,car si j’aurais replongé dans les malboros,j’aurais souffert pour arrêter de nouveau et j’aurais surtout replonger j’en suis sur,tandis que là je me Project une vie sans tabac,ce qui était impossible de penser quand je fumer des Malboros!
    Félicitation encore à toi 7 ans et demi c’est énorme et je suis sur que tu n’y retouchera jamais et merci encore pour l’aide que tu m’a apporté et que tu as apportés à plusieurs personnes!

  5. Bonjour Vali,

    Votre témoignage m’a beaucoup touché. Moi même, je suis fumeuse depuis des années, j’ai commencé très tôt (à treize ans), et maintenant que j’en ai 25, je cherche à arrêter. Malgré que je sois au tabac à rouler, j’ai toujours cette envie, ce manque quand j’essaie. Mon homme fume aussi et il lui arrive la même chose. Mais votre témoignage va sans doute me donner la force d’arrêter. Merci beaucoup.

  6. En fait c’est simple, le tabac sans additif est beaucoup moins addictif tout simplement parce-qu’il donne beaucoup moins de plaisir, voire pas du tout lol. Mais pour arrêter ça me semble quand même plus pertinent de passer au sans additif que de la jouer cold turkey, au moins avec le tabac sans additif vous pouvez quand même continuer à fumer un certain temps donc tout n’est pas brutalement remis en cause. Ca me semble une excellente stratégie pour arrêter.

    1. Pas du tout, le tabac sans additifs n’est pas du tout addictif car il ne contient pas d’additifs sucrés qui sont les responsables de la dépendance physique. Le plaisir n’a rien à voir dans cette histoire.

      1. Mouais. Vous pouvez me citer une seule chose qui ne procure pas de plaisir et soit addictive? Je crois tout de même que le mécanisme de l’addiction est lié à celui du plaisir, on peut le voir empiriquement (je ne prétends pas être scientifique).

          1. Là je ne te suis pas!? À peu près tout le monde ici à l’air de reconnaître que le tabac sans additif est beaucoup moins agréable à fumer, voire qu’il ne l’est pas du tout.

            1. Non, il y a beaucoup de commentaires de personnes qui disent préférer fumer du tabac sans additifs, je n’ai pas le temps de les lister pour l’instant.

              1. Vraiment? OK, je vais regarder ça. Pourtant objectivement c’est beaucoup moins bon, d’ailleurs c’est bien pour ça que les fabricants rajoutent des additifs sucrés : pour rendre leur tabac meilleur… et donc plus addictif :) Au fond, nous sommes d’accord, il me semble.

                1. D’après le professeur Tassin, les fabricants pensaient qu’en ajoutant du sucre ils rendaient leur tabac meilleur au goût ce qui expliquait à leur yeux l’augmentation de la consommation.

                  En fait, le professeur Tassin a démontré que l’ajout de sucre crée une dépendance physique encore plus forte que celle créée par l’héroine, ce qui explique vraiment l’augmentation de la consommation !

                  En effet, il est extrêmement difficile d’arrêter de fumer du tabac avec additifs, pour ne pas dire quasi-impossible !
                  Rare sont les personnes qui y arrivent : seules 3 personnes sur 100 ayant arrêté de fumer net des additifs restent non fumeurs au bout d’un an. 97% des personnes replongent !

                  Ce n’est pas le goût qui fait replonger, c’est la dépendance physique encore plus forte que celle créée par l’héroïne !

                  Lisez ce témoignage édifiant : L’enfer du sevrage des Marlboros

  7. Je suis un peu « hallucinée » par tout ce que je lis depuis quelques jours sur ce site… J’ai déjà indiqué que je fume du tabac sans additif depuis plus de 20 ans, j’adore ça, je trouve (malheureusement) que c’est très très agréable, je suis totalement accro et je rame pour arrêter définitivement cette dépendance. Depuis 3 semaines (arrêt… définitif j’espère), j’expérimente de véritables sensations physiques de manque que je calme avec tout l’arsenal déjà indiqué et qui semble fonctionner. J’ai 54 ans, avant le tabac à rouler Fleur de Pays, j’ai fumé différentes marques de cigarettes. J’avais à une certaine époque déjà essayé d’arrêter de fumer : et bien c’est très exactement la même difficulté. Mais la motivation est supérieure, j’espère qu’elle arrivera cette fois à faire la différence.

    1. D’après le professeur jean Pol Tassin, une fois créé, le manque physique aux additifs perdure toute la vie.
      Chez certains, il s’amenuise avec le temps, chez d’autres non.
      Mais si vous ressentez un manque en ayant cessé de fumer du tabac sans additifs, c’est que vous absorbez d’une façon ou d’une autre des aldéhydes qui créent le manque.

      1. Je vais de ce pas investiguer sur l’absorption des aldéhydes que vous évoquez. J’ai déjà parcouru un certain nombre d’études de l’INSERM sur le sujet, je lis les articles de JP Tassin, je crois que ce qui me « sauve » c’est de faire de toute souffrance un sujet de connaissance, et en l’occurrence je suis servie ! Merci de votre piste.

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